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Mot Plou -

 

Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon

Clerc -Diacre -Machtiern - Minihi - Plou -Prieuré - Ran -Treb -Trève

« villa » en contexte armoricain

En latin classique, la villa désigne d'abord la maison de campagne du propriétaire, avec ses dépendances agricoles et, par extension, l'exploitation rurale dans son ensemble. Dans le contexte armoricain, le terme ne se limite pas au vocabulaire juridique romain : il irrigue le lexique gallo-romain, puis la toponymie médiévale, où il se combine avec des anthroponymes ou des qualificatifs pour désigner des domaines seigneuriaux ou des habitats structurés.

Armorique/Bretagne se situe à la croisée de plusieurs traditions linguistiques – gauloise, latine, brittonique, gallo-romaine – ce qui entraîne des distributions différenciées entre zones bretonnantes, où dominent des appellations indigènes (Ker, plou, trev), et zones romanes, où les dérivés de villa (-ville) se concentrent. L'étude du mot « villa » suppose donc d'articuler histoire du latin villa, évolution sémantique médiévale (villatus, villatus) et géographie linguistique interne à la péninsule

Origines étymologiques de « villa »

Le latin villa remonte à un étymon italo-celtique lié à la racine indo-européenne *weyḱ-, qui renvoie à l'idée de « siège, établissement, groupe d'habitations », et se trouve également derrière vīcus « rangée de maisons, village ». Dans le latin tardif et le gallo-romain, la villa s'élargit de « maison de campagne » à « domaine rural » puis à « unité d'habitat structuré », produisant des dérivés comme villaticus et villaticum qui désignent le « domaine » et ses bâtiments.

Cette base latine est à l'origine d'une série de descendants romans : français ville, vill(e), -ville, anglais villa (emprunt moderne), italien villa, mais aussi des désignations sociales telles que villanus, d'où proviennent français vilain et ses équivalents romans. L'extension socio-juridique est notable : de l'espace (le domaine) dérive le statut de ceux qui y sont attachés (les tenanciers de la villa), ce qui inscrit le terme au cœur des structures agraires tardo-antiques et médiévales.

Romanisation et premiers emplois en Armorique

L'Armorique préromaine est structurée par plusieurs peuples celtiques (Redones, Coriosolites, Osismes, Venètes, Namnètes), dotées de systèmes toponymiques propres, notamment pour les hydronymes et les appellatifs de relief. Avec la conquête, l'administration romaine introduit le latin comme langue de pouvoir, de droit et de fiscalité, ce qui inclut la terminologie foncière et rurale, où la villa devient un cadre de référence pour la gestion du sol.

La documentation armoricaine antique étant fragmentaire, beaucoup de vīllae restent implicites, repérables seulement par l'archéologie (villae rusticae) ou par la toponymie latine tardive. On constate cependant que la romanisation est assez forte dans certains centres (Carhaix issu d'un dérivé de quadruvium, Morlaix d'un Montem Relaxum), ce qui suggère une implantation parallèle de domaines ruraux de type villa dans les arrière-pays, en particulier dans les zones les plus intégrées au réseau routier et fiscal.

De la villa gallo-romaine au domaine féodal

Entre l'Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, le terme vīlla, devenu villa en gallo-romain, désigne une unité agraire associant terres, bâtiments et dépendants, qui sert de base à l'organisation seigneuriale et ecclésiale. Dans l'Ouest de la Gaule, ces domaines constituant des noyaux de pouvoir laïque ou monastique, autour desquels se réorganisent, après la crise de l'Empire, les réseaux paroissiaux, les prieurés et les seigneuries rurales.

En Bretagne, les migrations brittoniques des Ve–VIe siècles reconfigurent la carte linguistique et paroissiale, introduisant des appellatifs comme plou- (du latin plebs), lan- (fondation monastique) et treb-/tre-(habitation, annexe paroissiale), qui coexistent avec le lexique roman de la villa. Là où la demeure bretonne dominante, les désignations de l'habitat privilégient ker « lieu habité » et les préfixes ecclésiaux bretons, tandis que dans les zones gallo-romaines et gallèses, les héritages romans comme villa se maintiennent plus nettement et se cristallisent plus tard sous la forme du suffixe -ville

La toponymie en-ville et la Bretagne gallo-romane

La villa gallo-romaine, spécialisée dans le sens de « domaine rural », est à l'origine du très productif suffixe toponymique -ville, particulièrement bien attesté en Normandie, mais également présente dans l'espace armoricain oriental et méridional où dominent les parlers d'oïl. Dans ces régions, le schéma morphologique associe un anthroponyme ou un qualificatif à -ville, produisant des toponymes qui désignent à l'origine le « domaine de X » ou un « grand domaine ».

La documentation normande, qui fait remonter -ville au villa gallo-romaine et au latin villa rustica, offre un modèle d'analyse transposable aux toponymes -ville des marges orientales de la Bretagne historique, baignées des mêmes courants linguistiques gallo-romains. L'historiographie considère ainsi que les -villes armoricains retournant, comme en Normandie, à des domaines d'époque carolingienne et féodale, sont souvent constitués ou restructurés dans le contexte de la seigneurie banale, puis fixés par l'écrit médiéval

Contraste avec les appellatifs bretons d'habitat

Dans la Bretagne bretonnante, l'héritage celtique et brittonique se traduit par une forte présence d'appellatifs indigènes : ker- pour le « lieu habité », plu- pour la paroisse, tre- pour le village ou la trève, loc- pour le lieu sacré, etc.

Ce contraste géolinguistique crée une ligne de partage interne : à l'ouest, une toponymie majoritairement bretonne, centrée sur ker, plou, trev ; à l'est et au sud, une toponymie d'oïl, où -ville coexiste avec d'autres suffixes romans et reflète une appropriation locale du lexique issue de villa. L'analyse de « villa » en Armorique doit donc intégrer cette dissymétrie, en distinguant l'empreinte conceptuelle du modèle de domaine (présente dans toute la région) et sa cristallisation formelle dans le lexique et la toponymie (surtout visible dans les zones romaines).

Jeux sociaux et culturels de la « villa » médiévale

Le passage de la villa antique au domaine féodal s'accompagne d'une stratification sociale, marquée notamment par la figure du villanus, paysan attaché à un domaine, qui donnera plus tard le français vilain. En Armorique, cette évolution se greffe sur un tissu de petites seigneuries, d'abbayes et de prieurés, dans lesquels le domaine rural constitue l'assise économique des pouvoirs laïcs et ecclésiastiques.

La terminologie héritée de villa est ainsi au cœur de la relation entre territoire, statut et identité : elle fonde le vocabulaire de la dépendance rurale, fournit le matériau de nombreux toponymes en -ville et contribue à structurer la perception des campagnes comme mosaïque de domaines, plutôt que comme simple continuum de terroirs. Dans les zones où les vocables bretons dominent, ces fonctions sont partiellement remplies par ker ou trev, ce qui illustre la capacité des langues en présence à réinterpréter un même modèle agraire à travers des lexiques différents.

Conclusion

L'histoire de « villa » en Armorique/Bretagne témoigne d'une continuité remarquable d'un modèle agraire romain – la villa comme maison et domaine – mais aussi de sa profonde reconfiguration dans un espace multilingue où se croisent latin, gallo-romain et breton. Sur le plan étymologique, le terme s'inscrit dans un faisceau indo-européen autour de l'habitat et du groupement humain, dont vīcus est un proche parent, tandis que ses dérivés médiévaux structurent à la fois la toponymie (-ville) et le vocabulaire social (villanus).

En Bretagne, la diffusion effective de « villa » se lit moins dans la langue bretonne que dans les toponymes de la moitié orientale et dans l'organisation seigneuriale et paroissiale héritée du haut Moyen Âge, où le domaine rural demeure la cellule fondamentale. L'opposition entre toponymie romane en -ville et toponymie bretonne en ker-, plu-, tre-ne reflète donc pas une absence du modèle de la villa à l'ouest, mais plutôt sa traduction conceptuelle dans un autre système lexical, révélant la plasticité des catégories d'habitat au sein d'une Armorique à la fois romanisée et celtique.

 

Villas gallo-romaines identifiées

villa gallo-romaine

La villa gallo-romaine de Mané-Véchen à Plouhinec (Morbihan), vaste établissement littoral interprété comme un domaine résidentiel et de contrôle des activités maritimes, installé sur un éperon dominant l'estuaire de la rivière d'Étel.

Le complexe du Pérennou à Plomelin (Finistère), au bord de l'Odet, comprenant une villa résidentielle, un ensemble thermique et un fanum, occupé principalement entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère.

La villa gallo-romaine de Taden – domaine des Alleux – près de Dinan (Côtes d'Armor), vaste exploitation rurale de plus de 10 000 m², dont les fouilles ont permis de restituer les phases d'édification et de développement entre le Haut-Empire et l'Antiquité tardive.

La villa découverte à Langrolay-sur-Rance (Côtes-d'Armor), mise au jour lors de fouilles préventives, dont la pars urbana en U autour d'une cour à colonnades et les thermes privés illustrent un habitat de grand prestige en bord de Rance.

Keradennec

La villa gallo-romaine de Keradennec à Saint-Frégant (Finistère), connue par des campagnes de fouilles récentes et présentées dans le cadre de visites archéologiques, qui documente un autre établissement rural antique dans le nord du Finistère.

Contexte archéologique général

Les villas romaines d'Armorique (Bretagne actuelle) et de Gaule narbonnaise (sud-est de la France) illustrent des adaptations régionales au modèle impérial de domaine rural, avec une pars urbana résidentielle et une pars rustica productive. En Armorique, les villas sont plus rares et modestes, souvent liées à des oppida gaulois ou à des axes fluviaux, tandis qu'en Narbonnaise, elles abondent et adoptent des plans italiens luxueux grâce à une romanisation précoce dès le IIe siècle av. J.-C. Cette dissymétrie reflète des niveaux d'intégration économique et culturelle différents : forte proximité méditerranéenne en Narbonnaise versus périphérie atlantique en Armorique.

 

Tableau comparatif des organisations

Tableau comparatif

 

Analyse des différences structurelles

En Armorique, l'organisation spatiale conserve des traits préromains : bâtiments dispersés sur vaste cour, sans symétrie ostentatoire, adaptés à un sol granitique et un climat océanique. Les thermes et pars urbana restent fonctionnels, intégrés aux fanums ou ateliers, comme au Pérennou ou Mané-Véchen. En Narbonnaise, les plans ramassés conservent l'esthétique (péristyles, triclinia), avec une séparation nette pars urbana/rustica pour maximiser la productivité viticole et commerciale.

Implications culturelles et économiques

La Narbonnaise, province sénatoriale précoce, voit ses villas comme pivots d'exportation (vins vers Rome) et symboles d'élites italiennes ou locales romanisées. L'Armorique, conquise plus tard (56 av. J.-C.), produit des domaines plus utilitaires, intègre des structures celtiques (oppida) pour une romanisation progressive via la fiscalité et le commerce atlantique. Ces organisations soulignent une hiérarchie : palais narbonnais versus fermes améliorées armoricaines.

Fonctions économiques principales des villas romaines en Armorique (Bretagne)

Les villas gallo-romaines d'Armorique remplissent avant tout des rôles agricoles et agro-pastoraux, adaptées à un climat océanique et aux sols granitiques, avec une production centrale sur l'autosuffisance et des surplus pour le commerce régional. Elles intègrent souvent des activités artisanales complémentaires, contribuant à l'exportation vers la Gaule intérieure et la Bretagne insulaire.

Activités agricoles et pastorales

Céréaliculture : Blé, orge, épeautre et seigle comme bases alimentaires, cultivées sur des domaines de plusieurs dizaines d'hectares, avec exportation possible vers d'autres régions de l'Empire.

Élevage : Bovins, porcs, moutons, chèvres et mulets pour viande, lait et laine ; salaisons réputées (porc, poisson) exportées via les ports comme Vannes ou Nantes.

Pêche et saline : Compléments côtiers avec fruits de mer et sel (fours à sel), intégrés aux villas littorales comme Mané-Véchen.

Artisanat et production secondaire

Métallurgie et travail du bois : Forges, bronzier (ex. Kérilien), charronnerie, tonnellerie pour outils agricoles et commerce.

Textile et vannerie : Lin armoricain et vanneries exportés ; poteries et émaillerie locales.

Autres : Mines de plomb, carrières ; garum et saumures en IIe-IIIe s., avec plusieurs milliers de m³/an

produits.

Rôle dans le commerce et l'économie impériale

Les villas servent d'interface atlantique : export de sel, fer, lin, blé, viande vers Méditerranée ; import de vin italien, huile hispanique, céramiques. Positionnées sur routes et fleuves (Rance, Odet), elles alimentent les oppida et les ports, favorisant une économie ouverte malgré une romanisation périphérique. Contrairement à la Narbonnaise (vins, olives), l'Armorique privilégie les produits durables pour l'exportation longue distance

Les villas romaines ont joué un rôle central dans l'économie rurale armoricaine en servant de noyaux organisateurs de l'espace agricole et social. Elles formaient des centres de production et d'exploitation de vastes domaines (fundus), où le propriétaire, souvent une élite locale romanisée, contrôlait les terres, les habitations des dépendants, et les infrastructures agricoles (granges, étables, fours, etc.). Ces villas structuraient le paysage rural en assurant un relais cohérent entre les petites fermes, les vicus (bourgs) et les cités, participant activement au circuit commercial régional et, plus largement, à l'économie de l'Empire romain.

Elles maximisaient la production agricole, combinant céréales, élevage (bovins, porcins, ovins) et activités comme complémentaires la pêche et l'exploitation saline, fournissant des denrées pour la subsistance locale, ainsi que des surplus destinés au commerce. Autour des villae, s'étendaient souvent des hameaux de fermiers dépendants du maître, renforçant une hiérarchie socio-économique et un système cohérent d'exploitation.

En résumé, les villas romaines en Armorique furent des moteurs essentiels de l'économie rurale, introduisant un modèle agraire plus centralisé et productiviste, favorisant l'intégration des campagnes dans des réseaux commerciaux étendus tout en consolidant une organisation sociale fondée sur la dépendance et la hiérarchie

Introduction à l'impact foncier des villas

Les villas romaines en Armorique ont profondément influencé la redistribution des terres en imposant un modèle centralisé de fundus (domaine), où un propriétaire unique concentrait le contrôle sur de vastes terroirs issus souvent d'anciennes exploitations gauloises dispersées. Installées sur des sites stratégiques (hauteurs, vallées, ressources minières), elles ont restructuré l'espace agraire en agrégeant des parcelles préexistantes, favorisant une appropriation progressive et une mise en valeur intensive

Mécanismes de redistribution spatiale

Les villas divisaient le domaine en pars urbana (résidentielle, thermes, jardins) et pars rustica (terres cultivées, élevage, ateliers), entourées d'habitats dépendants (fermes satellites, enclos). Cette organisation a entraîné une concentration foncière : extension progressive des superficies (ex. Taden des Alleux : 250 m² à La Tène jusqu'à 1050-3000 m² au IIIe s.), souvent sur fondations d'établissements indigènes, marquant une transition de l'habitat dispersé gaulois vers un système hiérarchique romain.

• Agrégation de terroirs : Création de parcelles et chemins à partir d'enclos gaulois, visant la maîtrise d'un vaste espace dès la fondation.

• Hiérarchisation sociale : Dépendants (fermiers, ouvriers) logés en périphérie, renforçant la dépendance au maître de villa.

• Intégration économique : Relais entre fermes locales, vicus et cités ( civitas ), optimisant la gestion des ressources (mines à Huelgoat).

Conséquences à long terme sur le paysage rural

Cette redistribution a favorisé une romanisation des campagnes par intensification agricole et productiviste, avec des villas comme pivots commerciaux intégrés à l'Empire. Au Bas-Empire, malgré les crises, ce modèle persiste, influençant l'habitat élitaire jusqu'au haut Moyen Âge (IVe-Xe s.), où les domaines se fragmentent partiellement mais conservent une entreprise centralisée. En Armorique, adaptation locale au sol granitique et climat océanique à tempéré l'ampleur par rapport à la Gaule du Nord, mais le principe de concentration foncière domine.

Synthèse des transformations

 

transformations

 

Impact sur les réseaux villageois

Les villae romaines en Armorique ont transformé les réseaux villageois en centralisant l'habitat autour de pôles résidentiels et productifs, passant d'un peuplement gaulois dispersé à des noyaux hiérarchisés intégrant pars urbana (maison du maître) et habitats dépendants.

Elles ont polarisé l'espace rural, dépendant des fermes satellites, des vicus (bourgs artisanaux) et des cités ( civitas ), favorisant un regroupement progressif des populations autour de ces domaines comme embryons de villages médiévaux. Ce processus s'appuie sur des sites préexistants (oppida, fermes gauloises), où la villa impose une organisation sociale avec dépendants logés en périphérie, préfigurant les hameaux et paroisses.

Modification des parcellaires

Les villae ont restructuré les parcelles en imposant un modèle de fundus avec division en terroirs cultivés ( pars rustica ), pâturages et enclos, souvent issus d'anciens champs gaulois fossoyés ou étendus. Cette redistribution crée des réseaux de chemins rectilignes et limites fixes, optimisant l'exploitation intensive (céréales, élevage) sur des domaines étendus (jusqu'à 10 ha), et intégrant des ressources locales comme mines ou fleuves. À long terme, ces parcelles persistantes, influençant les openfields médiévaux et les finances villageois, avec une prise centralisée du maître de villa sur les terres collectives.

Tableau comparatif des transformations

Tableau comparatif

Conséquences à long terme

Cette modification a romanisé durablement les campagnes armoricaines, avec les villae comme pivots d'une économie agraire productiviste et d'une hiérarchie sociale, dont l'héritage se lit dans la toponymie ( -ville ) et les structures médiévales. En Armorique, adaptation au relief granitique tempère l'ampleur par rapport à la Gaule centrale, mais renforce l'intégration atlantique.

Les cartes précises des parcelles issues des villas romaines en Armorique sont rares, mais des recherches en archéologie rurale montrent que ces domaines ont fortement structuré les paysages agricoles régionaux. On observe que les villae ont introduit une organisation parcellaire hiérarchisée, avec de larges domaines (fundus) composés d'enclos de cultures, pâtures, chemins, et fossés agences en réseaux cohérents autour de la pars urbana.

Des exemples régionaux en Bretagne incluent la villa de Taden (Côtes-d'Armor), qui témoigne d'un complexe parcellaire avec des limites de champs marqués et une distribution organisée des espaces de culture et d'élevage, intégrant les contraintes du relief granitique. À Keradennec (Finistère), les fouilles révèlent aussi une subdivision parcellaire adaptée au milieu naturel et une gestion raisonnée des sols en parcelles emboîtées, traduisant une mosaïque agricole fonctionnelle.

Ces dispositifs ont une influence sur la structuration ultérieure des paroisses et des terroirs médiévaux, puisque les parcelles des domaines romains ont souvent servi de base aux découpages cadastraux. Le recours à des réseaux de fossés et chemins pour délimiter les parcelles est typique des structures héritées des villae, visibles dans le bocage armoricain. À l'échelle cartographique plus large, les études sur les parcelles médiévales et modernes en Europe, comme celles en Italie (Emilie-Romagne) ou en France centrale, montrent des schémas comparables : dessin géométrique organisé, formalisation des limites, et juxtaposition de parcelles familiales ou collectives, souvent en continuité avec des toponymes en -ville indiquant l'origine villaire.

En somme, bien que les cartes anciennes spécifiques à l'Armorique soient limitées, les vestiges archéologiques et comparaisons régionales permettent d'affirmer que les villae ont marqué durablement les réseaux parcellaires et villageois par une formalisation spatialement structurante encore perceptible dans le maillage rural actuel.

Voici ce que l'on sait des environs de La Gacilly :

• Vestiges à Peillac (commune voisine) : Des villas gallo-romaines sont recensées dans la commune voisine de Peillac. De plus, une voie romaine traversait la commune, notamment l'Oust au lieu-dit « le Passage des Romains »

• Les Fougerêts (commune voisine) : Le nom de la commune voisine, Les Fougerêts, proviendrait du nom romain "Filgeriaca" (fougère) et il est considéré comme un démembrement de l'ancienne paroisse gallo-romaine de Glénac Un camp retranché a aussi été découvert.

• Contexte général de La Gacilly : L'histoire de La Gacilly mentionne des lieux habités anciens (Oppidum de La Bergerie, La Motte Castrale du Châtelier) et la présence de voies anciennes (préromaine et romaine), soulignant une activité sur ce territoire à l'époque.

 

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