










-Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon
-Clerc -Diacre -Machtiern - Minihi - Plou -Prieuré - Ran -Treb -Trève
Leur apparition est la conséquence de l'évangélisation des campagnes, œuvre de longue haleine mais dont on peut fixer une étape importante pour l'Occident chrétien entre la fin du Ve siècle et le début du IXᵉ siècle. Évangélisation qui s'opère dans une société à prédominance rurale avec une organisation économique et sociale centrée sur le grand domaine, la « villa ».
Si l'évêque reste dans la ville, sa résidence dès les premières manifestations de la vie chrétienne, des foyers de vie religieuse essaiment aussi dans les campagnes. Ils requièrent des lieux de culte, d’où la création d'églises, fondées souvent par le grand propriétaire au centre de son domaine, là où il a fixé sa résidence, parfois aussi édifiées par les communautés rurales. Enfin il ne faut pas négliger les créations d'églises par les monastères, eux aussi ruraux, ni les chapelles de dévotion édifiées en des lieux divers (tradition d'un martyr, sacralisation d'un lieu de culte païen, etc.).
L'établissement de ces lieux de culte reste encore très imparfaitement connu. La détermination en est difficile, souvent impossible, faute de documents suffisants. On peut cependant glaner ici ou là des éléments d'information. D'abord à travers les historiens ecclésiastiques, comme Grégoire de Tours ; parfois on a la chance de disposer de règlements liturgiques tels ceux des Gesta episcoporum Autissiodorensium qui ont permis au chanoine Chaume de dresser une carte du diocèse d'Auxerre aux temps mérovingiens. Un tel document fait apparaitre l'éloignement des lieux de culte les uns des autres, le caractère très ténu du tissu ecclésial, ce qui signifiait soit les longues distances à parcourir pour atteindre l'église et son desservant, soit, si de vastes espaces restaient inhabités, l'isolement auquel se trouvait réduite chaque cellule religieuse. On peut également utiliser le vocable sous le patronage duquel l'église était placée, car la dévotion témoigne, selon les époques, d'une confiance particulière en tel ou tel protecteur.
Sociologiquement, une paroisse est une société de fidèles ; ce qui, juridiquement, se traduit par l'exigence de plusieurs conditions. La paroisse suppose tout d'abord un territoire et un peuple, ce qui implique la délimitation de frontières et la preuve de l'appartenance du peuple à cette paroisse. Cette appartenance est établie par le domicile sur le territoire paroissial, mais aussi par la participation aux cérémonies religieuses dominicales ou aux grandes fêtes (spécialement celle du patron de l'église) et par le versement de la dîme.
La paroisse requiert aussi un chef stable, seul ou assisté d'auxiliaires : le parochus, ce qui est tout autre chose qu'un desservant même régulier.
Elle exige enfin des ressources : dotation foncière, dîmes et oblations diverses qui assurent les besoins cultuels, l'entretien des clercs, l'assistance aux pauvres.
Dans la grande majorité des cas, ces divers éléments n'apparaissent pas en même temps. Ils se dégagent peu à peu au cours d'une histoire qui peut être plus que séculaire. L'usage et la commodité déterminent le peuple et donc le territoire." Les besoins religieux conduisent progressivement du desservant occasionnel au clergé à titre. La dotation foncière est souvent contemporaine de l'érection de L'église.
Que l'on songe aux exigences formulées pour l'Italie par Gelase dans sa décrétale aux évêques de Lucanie, Bruttium et Calabre, ou à celles de la législation carolingienne prévoyant l'assignation d'un manse pour chaque nouvelle église."
Étudier l'instauration de la paroisse, la reconnaissance de son territoire, de son autonomie religieuse et financière, est encore plus délicat que de recenser l'apparition des lieux de culte. Mais cette recherche est passionnante, car elle permet de discerner les réticences et les tensions, les pressions légitimes et les vaines glorioles
Les conditions et le processus de formation des paroisses furent ici différents.
La ville en effet avait été le premier lieu de la vie chrétienne. Elle fournissait son cadre à la communauté groupée autour de l'évêque et de son presbyterium. On sait l'inégalité de cette répartition. communautés épiscopales très nombreuses, et par suite souvent très petites, dans les régions profondément urbanisées.
Pendant fort longtemps, l'unité de la communauté religieuse urbaine se maintint. Et cela d'autant plus facilement que les villes végétaient pendant le Haut Moyen Âge. L'apparition de paroisses urbaines est étroitement liée à la renaissance urbaine qui, selon les régions, s'esquisse puis se développe de la fin du XIᵉ au milieu du XIIIᵉ siècle.
Mais comme les paroisses rurales, les paroisses urbaines ont une « préhistoire », celle des lieux de culte qui finiront par accéder à la dignité d'église paroissiale.
Et c'est un nouveau champ d'études qui reste, lui aussi, encore largement à défricher. Heureusement des études excellentes, parfois assez récentes, ont en ce domaine tracé les voies.
L'enquête devrait porter sur cette « préhistoire », c'est-à-dire sur la création des églises dans les villes. Leur multiplicité est établie pour les grandes villes, comme Rome ou Carthage, dès les premiers siècles. Certaines études portent sur les pays au nord des Alpes dans le Haut Moyen Âge. Auxerre a quatre églises dès le milieu du Vᵉ siècle ; Autun en a sept au milieu du VIᵉ siècle ; trois nouvelles églises y furent fondées par Brunehaut à la fin de ce siècle. Paris compte aussi de multiples églises et oratoires dans la cité et sur les deux rives de la Seine.
La localisation de ces églises révèle souvent les motifs de leur création : culte de saints locaux ou de saints dont les reliques ont été apportées dans la ville (par exemple la basilique Saint-Alban à Auxerre) ; oratoires dans un domaine (parfois celui de l'évêque lui-même comme à Auxerre) ; églises jointes à un monastère (Saint-Côme à Auxerre), créées hors du castrum, parfois dès le Haut Moyen Âge dans une période de paix.
Mais, comme pour les paroisses rurales, il faut envisager le passage de ces lieux de culte au cadre paroissial. Or, si des paroisses urbaines ont pu, dans certains lieux, apparaitre dès le IXᵉ siècle, l'époque de l'expansion paroissiale urbaine fut tout naturellement celle de la croissance des villes, c'est-à-dire de la fin du XIᵉ à la fin du XIIᵉ siècle, voire les XIVᵉ et XVᵉ siècles, pour les régions orientales de l'Europe. Anvers ne constitue qu'une seule paroisse en 1124, et de même Montpellier en 1213, ou Francfort en 1450.
Dans l'Europe occidentale, les paroisses se multiplient au cours du XIIIᵉ siècle : Sens, qui au XIᵉ siècle n'a que sa cathédrale et quelques chapelles, compte 13 paroisses en 1230, 17 à la fin du siècle. À Provins à côté de la collégiale Saint-Quiriace, une paroisse Saint-Pierre est créée avant 1157, et en 1257 la cure de Saint-Quiriace est partagée en quatre paroisses. À Paris, la cathédrale seule est ecclesia matrix au XIᵉ siècle.
C'est aux XIIᵉ et XIIIᵉ siècles que se développent les paroisses et que se fixe une géographie paroissiale qui ne se modifiera pas avant le XVIIᵉ et plus encore le XVIIIᵉ siècle. À Cologne, où les premières paroisses apparaissent dès l'époque carolingienne, le grand développement se situe aux XIIᵉ-XIIIᵉ siècles : en 1172, un acte signale déjà 13 paroisses (dont 7 dans les faubourgs) ; on atteint 19 à la fin du XIIᵉ siècle, chiffre qui ne se modifiera pas jusqu'en 1803, date de la réforme napoléonienne. Et c'est l'un des intérêts d'une géographie des paroisses urbaines au Moyen Âge que de rechercher l'origine de circonscriptions qui ne changeront guère jusqu'au XVIIIᵉ, voire au XIXᵉ siècle
Le terme « paroisse » en Armorique trouve ses racines dans l'évolution de l'organisation religieuse et sociale qui s'est exploitée lors de la christianisation du territoire entre le Ve et le VIIe siècle. Son origine étymologique et son adaptation au contexte breton témoignent de l'influence celtique, insulaire et latine sur le vocabulaire religieux régional. Le mot « paroisse » dérive du latin <i>parochia</i>, lui-même issue du grec <i>paroikia</i> (séjour chez l'étranger), qui désignait à l'origine le territoire pertinent d'un évêque, puis celui confié à un prêtre. En breton, l'emploi du terme <i>plou</i> (du vieux breton <i>ploe</i>) exprime la notion communautaire de paroisse ou de communauté chrétienne primitive. Ce terme a été importé par les Bretons insulaires réfugiés en Armorique lors des migrations de Grande-Bretagne .

Le passage du mot « paroisse » à l'organisation concrète du territoire s'observe dans les nombreux toponymes bretons commençant par <i>Plou-</i> (comme Plougastel, Plouharnel) — témoignant, dans l'ouest breton, de l'enracinement de la structure communautaire autour d'un chef religieux et d'une église fondatrice. Les formes toponymiques comme <i>Loc-</i> (du latin <i>locus</i>, « lieu », désignant une petite paroisse, une chapelle ou un ermitage) suggèrent la variété des implantations religieuses et leur évolution entre ermitages, monastères et églises paroissiales.
Au haut Moyen Âge, la paroisse armoricaine, numéro des « plèbes » (plebs), désigne une communauté de fidèles clanique, souvent recrutée localement pour assurer la guérison des âmes et éradiquer le paganisme rural, sans frontières strictes mais autour d'un lieu sacré comme le cimetière habité et lieu d'échanges. Influencée par des modèles insulaires et gallo-romains tardifs, elle privilégie le soin pastoral sur l'encadrement territorial, avec des prêtres locaux gérant des groupes humains dispersés.
Aux XVIe-XVIIe siècles, les trèves acquièrent l'autonomie baptismale, et les fabriques rurales se généralisent avec des comptabilités écrites financées par offrandes, rentes et dîmes, reflétant la richesse toileuse et la pluriactivité paysanne en Haute-Bretagne. Au XVIIIe siècle, sous la Réforme catholique, les paroisses urbaines évoluent vers des territoires complexes adaptés à la croissance démographique, avec promotions de trèves en paroisses et rationalisation bénéfique, bien que les habitants perçoivent encore la paroisse comme communauté plus que circonscription stricte.
La paroisse armoricaine n'est pas d'abord une circonscription administrative ; elle correspond à un réseau social et religieux centré sur la communauté chrétienne, désignée par des entités ayant chacune leur identité et leur patron. La « plèbe » bretonne (futur plou) était avant tout un groupe de fidèles confié à un collège de prêtres, parfois autour d'un fondateur évoqué dans le toponyme. Seule la sédentarisation progressive, antérieure à la réforme carolingienne, à propos de la constitution d'un véritable territoire paroissial délimité, liant espace de vie, sociabilité et pratique religieuse au sein d'un lieu de culte unique.L'histoire de la « paroisse » en Armorique illustre ainsi un syncrétisme : le terme récupéré à la fois une tradition celtique de communauté autonome, une adaptation de l'organisation ecclésiastique latine et une appropriation locale visible dans la toponymie. Le passage de la plèbe communautaire à la paroisse territorialisée témoigne de la complexité des processus de christianisation et d'acculturation dans la Bretagne médiévale.
L'évolution spatiale des limites paroissiales dans les villes bretonnes est marquée par une complexité et une flexibilité importantes. Au sein des agglomérations, l'extension urbaine progressive n'entraîna pas automatiquement la création de nouvelles paroisses. Au contraire, le territoire paroissial tendait à conserver des limites historiques assez stables, même face à la densification urbaine et à la multiplication des chapelles de quartier, appelées frairies, qui pouvaient couvrir des subdivisions fines des paroisses principales mais sans définir de nouveaux territoires paroissiaux souverains. Ces chapelles de quartier, très nombreuses notamment en basse Bretagne, formaient un maillage secondaire, souvent lié à la topographie sociale et linguistique du Moyen Âge.
Leur rôle était de faciliter la vie religieuse locale dans des quartiers parfois éloignés du siège paroissial principal, mais elles restaient subordonnées à la paroisse mère, agissant comme des espaces pastoraux complémentaires plus que comme des circonscriptions territoriales équivalentes. Cette organisation en deux échelles, entre paroisses aux frontières stables et chapelles locales dynamiques, demeure une caractéristique durable des villes bretonnes jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Les limites paroissiales elles-mêmes, souvent rituelles et formalisées par des actes solennels au Moyen Âge, variaient peu à cause des résistances sociales et politiques à la division des territoires.
La concentration des populations en ville n'a donc pas toujours engendré un redécoupage territorial, mais plutôt une diversification des lieux de culte et des communautés religieuses internes, reflétant des identités locales plus qu'une reconfiguration administrative spatiale. Ce phénomène se retrouve dans plusieurs grandes villes bretonnes comme Rennes ou Nantes où la coexistence de multiples chapelles et paroisses entrelacées créait un paysage religieux complexe mais stable dans ses délimitations officielles. Ainsi, l'évolution des limites paroissiales urbaines bretonnes illustre une tension entre la croissance démographique et urbaine et la conservation d'une structure territoriale héritée du Moyen Âge, avec un maillage religieux en couches plutôt qu'une recomposition nette des territoires paroissiaux.
Avant 1745 : La Gacilly n'était qu'une trève (dépendance paroissiale) de Carentoir. Les habitants y avaient une chapelle et un desservant, mais l'autorité ecclésiastique relevait du doyen de Carentoir.
1745 : Monseigneur Charles-Jean de Bertin, évêque de Vannes, érigea la trève en paroisse par ordonnance. Les registres paroissiaux de cette année mentionnent « paroisse de La Gacilly »
Après 1746 : Le terme « paroisse » disparaît des registres, et le desservant continue à être appelé « curé de la trève », preuve que l'autonomie paroissiale n'était pas encore pleinement effective .
Origine médiévale : La première chapelle de La Gacilly remonte au XIVe siècle, liée au château local. Elle fut agrandie au XVIIe siècle (chapelles latérales ajoutées en 1626 et 1628)
Édification moderne : L’église paroissiale actuelle, dédiée à Saint-Nicolas, fut construite au XIXe siècle (vers 1845) par M.CHARIER
Fonction religieuse : Elle devint le cœur de la vie paroissiale, accueillant baptêmes, mariages et obsèques, et renforçant l’identité religieuse de la communauté
Avant la Révolution : La Gacilly resta juridiquement dépendante de Carentoir, sans recteur propre.
Révolution et XIXe siècle : La réorganisation ecclésiastique permit à La Gacilly de s’affirmer comme paroisse autonome, avec son propre recteur et son église paroissiale.
7/09/2019 : La paroisse fait partie du doyenné de Guer et continue d’animer la vie religieuse locale (baptêmes, mariages, pèlerinages, chorales, etc.)

Un recteur appelé doyen lorsque la paroisse était le siège du doyenné ; le doyen était à l’alternative, c’est à dire nommé suivant les circonstances par le pape ou par l’évêque.
Le recteur était aidé par :
Des curés et des sub-curés qu’il avait sous son autorité après les avoir choisis et qu’il rétribuait ; les curés s’occupaient, avec le recteur, de l’église paroissiale mais aussi des églises ou chapelles tréviales ; un curé était alors nommé responsable de l’église tréviale.
et une communauté de prêtres.
Les chapelains responsables d’une ou plusieurs chapellenies et/ou les membres d’une confrérie.
Les prêtres baptiseurs et notateurs ainsi appelés parce qu’ils étaient chargés de faire les baptêmes et de les inscrire sur les registres. Au XVI° siècle, les vicaires furent investis de cette fonction.
Les prêtres habitués, sans fonction curiale, demeuraient dans leurs villages. On reconnaît encore maintenant leurs maisons grâce aux inscriptions qu’on y voit ou à certains objets du culte tels que croix, calices, patènes et même burettes qui sont sculptés soit sur les portes, soit sur les cheminées. Leur principale occupation était d’apprendre la lecture et le catéchisme aux enfants ; certains avaient même un métier comme tisserand ou menuisier ; ils assistaient à la messe dominicale dans l’église paroissiale et le doyen ou le curé leur faisait ensuite une conférence au presbytère dans une salle appelée salle des conférences.
Les prêtres auxiliaires
Chaque paroisse constituait un établissement légal et régulier pour l’administration des biens du culte avec un certain côté administratif pour la gestion des intérêts généraux des paroissiens, c’est à dire jouait un peu le rôle de nos mairies et perceptions actuelles.
Au début du X° siècle, l’évêché de Vannes était composé de 172 paroisses et de 6 doyennés dont celui de Carentoir. Les limites Nord et Ouest de cette paroisse étaient identiques aux limites de la commune actuelle. Par contre, à l’Est, elle s’étendait jusqu’à l’Aff et son petit affluent, le Faugourel qui passe au bas de Trémeleuc en Quelneuc . Deux fractions de l’ancien territoire formeront par la suite les paroisses de Quelneuc et de la Chapelle-Gaceline. Au Sud, les limites sont beaucoup plus difficiles à préciser. Si incontestablement La Gacilly faisait partie de la paroisse de Carentoir, l’appartenance du territoire actuel de la commune des Fougerêts est douteuse. Il semble bien qu’il s’agisse d’une zone en grande partie forestière au haut moyen-âge.
Après le départ des Normands, les seigneurs bretons rentrèrent dans leurs domaines dévastés qu’ils reconstituèrent mais s’emparèrent également très souvent des biens des paroisses en se contentant de payer une maigre pension aux prêtres séculiers. C’est pourquoi, au XII° siècle, les évêques firent appel aux moines, de l’abbaye de Redon en particulier, reconnus pour être d’excellents organisateurs afin de reconstituer les paroisses. Leur travail terminé, ils rentrèrent dans leurs monastères et laissèrent le champ libre au clergé séculier qui reprit alors sa place et toute sa place. Les recteurs qui jouèrent, par la suite, un rôle considérable, pouvaient avoir des biens terrestres comme maison, jardin, prés et même des bois.
La seconde église paroissiale de Carentoir fut construite au XII° siècle à l’emplacement de la première (la place de l’Etoile actuelle). Elle comportait un chanceau avec un sanctuaire qui comprenait le maître-autel, les stalles des prêtres et les bancs des seigneurs de La Gacilly et de la Ville-Quéno. Comme l’église primitive, elle fut dédiée à Saint Marcoul dont la fête est célébrée le 1° mai.
Pour honorer leur patron, les chapelles tréviales avaient coutume d’offrir à l’église paroissiale une certaine quantité de grain, avec lequel on faisait les tourteaux de Saint-Marcoul ; une miche faite avec ce grain fut vendue 24 sols devant la porte de l’église de la Chapelle-Gaceline.
A cette époque, dans les églises paroissiales, le recteur et les fidèles chantaient, en plus de la messe, les vêpres et les complies, les matines le dimanche et les jours de fête d’obligation. Il n’y avait pas encore de confessionnaux dans les églises, un banc faisait office et tout le monde pouvait voir le prêtre et le pénitent.
Quant au baptême, il y avait deux parrains et une marraine pour les garçons et l’inverse pour une fille. La communion sous les deux espèces pour les fidèles avait disparu sauf le jour de Pâques. En 1312, la fête de Saint-Sacrement se généralisa et c’est alors qu’apparurent les premiers ostensoirs (ou monstrances) et l’usage de sonner l’angélus.
Il exerce surtout une influence foncière et de défrichement sur le territoire de la future paroisse de La Gacilly, plus qu'une influence directe sur la formation et l'usage du nom paroissial lui-même. Le toponyme « La Gacilly » reste lié à un domaine laïque et à la structuration castrale-Carentoir, tandis que Redon intervient comme grand propriétaire et acteur de mise en valeur dans la vallée de l'Aff et de la Vilaine
Les sources locales rappellent que les moines de Redon ont défriché une partie de l'ancienne « Forêt Noire » jusqu'aux abords de la Glouzie, c'est à dire dans l'arrière-pays immédiat de La Gacilly. Cette présence monastique contribue à structurer le paysage agraire (clairières, terroirs, chemins) qui formera plus tard une partie du ressort de la trève puis paroisse de La Gacilly, sans pour autant imposer un hagionyme ou un toponyme d'origine monastique
Le cartulaire de Redon, compilé aux XIe–XIIe siècles, témoigne de l'étendue du patrimoine foncier de l'abbaye dans la vallée de la Vilaine et dans le Morbihan oriental, avec de nombreux domaines proches de Redon, Renac, Bain, Langon et dans les marges de Carentoir. Cette documentation montre une forte entreprise monastique régionale, mais l'attention se porte sur des paroisses et domaines antérieurs, sans que le nom « Gacilly » soit un marqueur structurant de cette phase carolingienne et romane.
Le doyenné de Carentoir, dont dépendra longtemps le trève de La Gacilly, se met en place bien en aval des premières grandes donations à Redon, dans un contexte où l'abbaye a déjà fixé l'essentiel de son réseau de domaines. L'abbaye apparaît donc comme un arrière-plan structurant pour la mise en valeur du territoire, mais la construction canonique de la trève puis de la paroisse relève davantage du réseau diocésain (Vannes) et du pôle de Carentoir que d'une initiative onomastique ou institutionnelle propre à Redon.
De nombreux documents rapportent qu’une ordonnance épiscopale de 1745 de Monseigneur Charles-Jean de Bertin, évêque de Vannes, érigea la trève de La Gacilly en paroisse. De fait, pendant toute cette année 1745, dans les registres paroissiaux, il est question de la paroisse de La Gacilly. Mais ce mot « paroisse » ne parait plus en 1746 et le prêtre desservant continue de s’appeler curé de la trève de La Gacilly. Il est certain qu’elle n’eut point de recteurs particuliers avant la Révolution et qu’elle fut soumise jusque-là à la juridiction du doyen de Carentoir.
Le Claire évacue trop facilement la question qui le dérange en écrivant : « il est d’ailleurs inutile d’insister sur ce point qui n’est même plus discuté » ; peut-être mais, en attendant, il y a bien eu une ordonnance épiscopale signée en 1745 qui élevait La Gacilly au rang de paroisse et il semble bien qu’elle fut effectivement paroisse pendant toute cette année-là. De nombreux auteurs, dont Ogée dans son Dictionnaire de la Bretagne, annoncent très ouvertement que La Gacilly est devenue paroisse en 1745.
Que s’est-il passé exactement ? L’évêque s’est-il rétracté ? Il faut dire, qu’en 1745, Jean-Joseph Caradec était doyen à Carentoir et, étant licencié en théologie de la Faculté de Paris, il avait une influence certaine sur l’évêque. Est-ce lui qui intervint auprès de celui-ci ? Jean Devinel qui était curé desservant de la trève de La Gacilly depuis 1710 cède la place à son sub-curé René Glains justement en 1745 mais ce dernier n’entre en fonction que l’année suivante, en 1746. Là aussi, pour quelle raison ? Il reste du travail aux amateurs d’archives.
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