










Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon
Clerc -Diacre - Machtiern - Minihi - Plou - Prieuré - Ran - Treb - Treve - Villa
Localisation : Ruffiac est un territoire situé en Bretagne, limité au nord par Caro, à l’ouest par Missiriac et Saint-Laurent, au sud par Saint-Martin, et à l’est par Saint-Nicolas-du-Tertre et Tréal.
Superficie et occupation des sols (1891) :
3 643 hectares, dont :
1 500 ha cultivés
1 200 ha en landes
Le reste en prairies, bois, etc
Sol fertile, arrosé par les ruisseaux des Arches et de Guidecourt (ou d’Emoi), propice aux céréales et aux arbres fruitiers
Population (1891) : 1807 habitants
Évolution territoriale : À l’origine, Ruffiac était beaucoup plus étendu et comprenait Saint-Laurent, Tréal et Saint-Nicolas, qui en ont été détachés progressivement.
Période celtique
Menhirs :
La Roche-Piquée (4 m de hauteur), près du chemin de Ruffiac à Malestroit.
Un autre menhir, autrefois près du bourg, renversé par des chercheurs de trésors.
Période romaine :
Vestiges d’une voie romaine, allant d’est en ouest, séparant Ruffiac de Caro, et les diocèses de Vannes et de Saint-Malo
Période bretonne (IX) siècle et après:
Influence bretonne :
Noms de villages d’origine bretonne : Trécoet, Digoet, Madou, Treleu, Bernan, etc.
Actes du Cartulaire de Redon (IX) siècle) mentionnent des propriétés et des transactions en breton.
Ruffiac fait partie des dix « plous » (colonies bretonnes) fondés entre 800 et 835 dans le Vannetais oriental.
Institutions bretonnes :
Présence de « machtierns » (chefs de plou) à Ruffiac, notamment la dynastie de Iarnhitin l’Ancien. Utilisation de termes juridiques bretons (rann, tigran, treb, dilisid, difosol, diwohart).
souce: (1)Info Bretagne
Sous le roi Salomon (en 860 ou 866), un litige s'éleva entre deux hommes du" plou"de Rufiac. L'un d'eux, Wobrian, avait vendu une propriété (Atodum) à un autre appelé Wetenoc. Cette vente datait déjà d'assez loin, au moins de plusieurs années (multo ante tempore). Wetenoc jouissait en paix de son acquisition, quand tout à coup son vendeur l'accusa d'avoir occupé et de détenir plus de terre qu’il n’en avait acheté. Indigne de cette imputation, Wetenoc fit convoquer une audience publique devant le machtiern. Il relut son titre d'acquisition, consulta quatre voisins qui connaissaient depuis longtemps les limites des terres de ce canton. puis au jour dit, son titre en poche, avec lui ses quatre voisins — Fomus, Jacu, Rethwalart et Drehwobri.
Wetenoc se rendit au bourg de Rufiac. Le machtiern Iarnhitin, fils de Portitoë, tenait son audience dans l'église ; près de lui, partageaient la présidence de l'assemblée un délégué du roi Salomon appelé Litoc, et un autre machtiern, Hinwalart.
Autour d'eux un groupe d'une dizaine de notables, parmi lesquels figuraient au premier rang deux abbés (Sulmin et Iuna), un prêtre, un clerc, etc. Wetenoc fit lire sa charte par le clerc Eusorchit, et entendre ensuite ses quatre voisins. De leur témoignage, comparé aux termes de la charte, de celui même des cautions données par Wobrian à Wetenoc pour garantir l'exécution du contrat, il résulta avec évidence que ce dernier occupait juste ce que lui donnait son titre, et rien de plus. Ne trouvant rien à alléguer, Wobrian, battu, perdit son procès.
Notons encore Rufiac" la villa" Crohon ou Crocon, qui embrassait dans ses limites "un menehi ou minihi", c'est-à-dire un territoire consacré comme asile religieux.
À Rufiac, on trouve "un diacre" Winmonoc ou Junmonoc, c'est le même (p. 115, 119, 200), et plusieurs "clercs" : Loicsbritou, Catwallon, Freoc, Eusorchit (p. 36, 50, 52, 53, 106). etc .(2)
Source = la Borderie Histoire de Bretagne.
Les sources (notamment le Cartulaire de l'Abbaye de Redon, qui mentionne Rufiac dès 833) indiquent que :
1. Rufiac est une Plebs : Le terme plebs désignait une circonscription religieuse rurale de base, l'équivalent d'une grande paroisse mère, souvent très étendue, qui comprenait plusieurs petits villages et chapelles (futures trêves).
2. Dépendance Monastique : Le territoire de Rufiac dépendait en grande partie de l'Abbaye de Saint-Sauveur de Redon au IXe siècle. Cela signifie que l'organisation religieuse locale était souvent contrôlée par l'abbé de Redon plutôt que directement par l'évêque de Vannes.
Dans une plebs comme Rufiac, le chef du clergé local était le plebānus (le curé ou recteur de la paroisse mère). Le diacre, s'il était présent, jouait le rôle d'assistant du plebānus :
Service Liturgique de Proximité : Le diacre assistait le prêtre pour la célébration des offices (messe), lisait l'Évangile, et aidait à la distribution de la communion.
Encadrement des Fidèles : Dans une plebs vaste et peuplée, le diacre pouvait être envoyé dans les vici (hameaux) et ranii (domaines ruraux) éloignés pour y maintenir le contact avec les fidèles, encourager la foi et, éventuellement, baptiser (car le baptême était l'une des fonctions qu'un diacre pouvait accomplir en l'absence de prêtre, notamment pour des enfants mourants).
C'est là que le rôle du diacre était le plus visible dans une communauté rurale :
Collecte et Distribution de la Charité :
Sa mission principale était de s'occuper des pauvres, des malades et des nécessiteux de la paroisse. Il organisait la collecte des dons (en nature ou en monnaie) et veillait à leur juste répartition, un rôle crucial dans les communautés agricoles où la survie dépendait des récoltes.
Gestion des Biens :
En tant que clerc, le diacre pouvait être chargé de surveiller les biens de l'église (terres, récoltes) de Rufiac appartenant au prieuré de Redon. Il pouvait servir d'intermédiaire entre l'Abbaye et les paysans locaux pour les redevances et les droits ecclésiastiques.
Il faut noter que dans les paroisses rurales du Haut Moyen Âge, le diaconat était souvent une étape transitoire et formatrice (un an minimum) avant l'ordination presbytérale (prêtrise). Le diacre de Rufiac était probablement un jeune clerc se préparant à devenir le prochain prêtre de Rufiac ou d'une paroisse voisine.
Conclusion spécifique à Rufiac :
Le diacre à Rufiac, vers 800, était avant tout un ministre de terrain sous l'autorité du clergé monastique de Redon. Son rôle était de nature pastorale et charitable, assurant le service des nécessiteux et l'assistance logistique au prêtre d'une paroisse rurale vaste et dispersée, marquant l'implantation progressive et organisée du christianisme dans les campagnes bretonnes.
Autour de l'an 800, l'Église en Bretagne est traversée par une rivalité entre l'autorité épiscopale (les évêques des cités) et l'autorité monastique (les grands abbés). Ce conflit est exacerbé à Vannes en raison de sa position géographique et politique.
L'évêque de Vannes siège dans une ancienne cité gallo-romaine. Traditionnellement, l'épiscopat (l'évêque) est l'agent de l'organisation diocésaine, un modèle hérité de l'Empire romain et renforcé par l'Empire carolingien (Franc).
Rôle Politique :
L'évêque, souvent d'origine franque ou favorable aux Francs (surtout sous Charlemagne et Louis le Pieux), était un relais de l'autorité carolingienne en Armorique. Il percevait les dîmes et devait organiser le clergé selon les canons et réformes décidés à Aix-la-Chapelle.
Domaine Spirituel :
L'évêque est le seul à pouvoir ordonner les prêtres et les diacres et à consacrer les églises. Théoriquement, tout le clergé (y compris les moines) doit lui prêter obéissance.
L'abbaye de Redon, fondée par Saint Conwoïon en 832, devient très rapidement un centre de pouvoir breton indépendant.
Soutien Local :
Redon bénéficie de l'appui direct des chefs et des comtes bretons locaux (comme Riwelen et Nominoë) qui cherchaient à consolider un État breton autonome face aux Francs. Les donations de terres à don sont une manière de placer le pouvoir religieux sous contrôle breton.
Exemption Épiscopale :
Les grands monastères (comme Redon) cherchaient souvent à obtenir l'exemption épiscopale, c'est-à-dire le droit d'être soustrait à l'autorité de l'évêque local (Vannes) et de ne dépendre que du Saint-Siège (Rome) ou d'un haut protecteur.
La rivalité entre Vannes et Redon se concentrait sur deux points majeurs
Ce conflit atteint son paroxysme avec l'arrivée de Nominoë (vers 826), qui devient missus imperatoris puis Duc de Bretagne. Nominoë utilise l'Abbaye de Redon comme un pivot de son pouvoir.
Soutien à Redon : Nominoë soutient fortement l'Abbé Conwoïon et ses successeurs, renforçant l'indépendance de Redon par rapport à Vannes.
Destitution des Évêques : Dans les années 840, Nominoë fera déposer plusieurs évêques bretons, dont ceux de Vannes, jugés trop proches du pouvoir franc, pour les remplacer par des Bretons, alignant ainsi l'épiscopat sur les intérêts du nouvel État breton.
Menehi-Crocon : L'existence de lieux comme le Menehi-Crocon (ou Menehi-Grocon) à Ruffiac, qui signifie "petit monastère" ou refuge, montre la présence de communautés de clercs (moines) au service de l'Abbaye de Redon.
Le Rôle des Clercs à Ruffiac : Les clercs à Ruffiac n'étaient donc pas seulement des prêtres servant l'autel. Ils étaient les gérants des biens de l'abbaye, les collecteurs des dîmes, les scribes qui enregistraient les transactions, et les éducateurs qui perpétuaient la foi et le savoir au sein d'une communauté rurale importante.
En résumé, à Ruffiac au IXe siècle, les clercs étaient les piliers de l'ordre social, économique, et moral, sous l'égide de la puissante abbaye de Redon.
Une église de Rufiac apparaît en 860 ou 868 dans le Cartulaire de Redon la paroisse de Rufiac, est mentionnée dans une autre charte du même Cartulaire en 867; cette paroisse est aujourd'hui la commune de Ruffiac (Morbihan).
À Bain, par exemple, en 892, on trouve quatre prêtres attachés à l'église paroissiale Hailcobrant, Castat, Iarnhatoui, Romic (2), dont le premier était sans doute le chef, et les autres ses auxiliaires attitrés : nous avons donc maintenant le recteur et ses vicaires. On rencontre en outre dans un certain nombre de paroisses des diacres et de simples clercs engagés seulement dans les ordres mineurs ; à Bain, en 892, il y avait trois diacres, Hocunan, Loieswotal et Maenhoiarn (3).
Un des clercs, spécialement chargé de la garde de l'église, portait le titre de gardien (custos ou celui de portier (ostiarius). À Guillac en 842, le gardien de l'église (custos ecclesiae) s'appelait Sulcar ; l'église de Molac en 849 avait un portier du nom de Dignum, celle de Rufiac (après 857) un ostiarius (dit Simeon (4). Ces gardiens, portiers, huissiers, dans l'intérieur du temple, faisaient la police comme nos bedeaux.
Telle était, au IXᵉ siècle, l'organisation des paroisses sécularisées. Mais, toutes ne l'étaient pas, un assez grand nombre restèrent encore sous la direction des moines. Un curieux récit, tiré de la Vie ancienne de saint Lori, va en donner la preuve et nous édifier sur l'organisation de ces paroisses monastiques
Du doyenné de Carentoir, cette ancienne paroisse de Rufiac, aurait été fondée dès les premiers temps de l’établissement du christianisme dans notre Armorique, si, avec M. A. de Courson, il faut voir, dans l'appellation de plebs conditat, une paroisse d'origine toute romaine et militaire).
Pendant plusieurs siècles, elle fut sous le patronage de l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon, qui, à cause de son prieuré de Notre-Dame de Ruffiac, présentait aux évêques de Vannes les ecclésiastiques choisis pour la desservir. À une date qu'on ne peut assigner, mais qui remonte certainement au Moyen Âge, les moines perdirent ce privilège, et le bénéfice tombe dans le droit commun, eut pour collateurs le Pape et l'Ordinaire, suivant les mois de la vacance
Le recteur dimait à la 36 gerbe sur toute son étendue, à l'exception des terres et de la frairie du prieuré de Notre-Dame, où le prieur percevait seul cette redevance, la 6 gerbe. En 1619, ces dîmes qui ne se levaient ni sur les filasses, ni sur les veaux, ni sur les agneaux, s'affermaient annuellement pour 18 tonneaux de seigle.
Placée sous le vocable de l’apôtre saint Pierre, l'église paroissiale renfermait, entre autres autels, celui du Rosaire qui recouvrait l’enfeu des seigneurs de la Houssaye. La famille de la Bourdonnaye, dont les chefs passaient encore, aux deux siècles derniers, pour être les fondateurs de cette église et les seigneurs de la paroisse, y avaient également leur enfeu, comme propriétaires de la terre noble de Couetion. À ce double titre, il fut fait, le 17 février 1699, « dépôt, dans l'église de Ruffiac, du cœur de haut et puissant seigneur messire Louis de La Bourdonnaye, chevalier, comte de Couëtion, fondateur de ladite église et seigneur de la paroisse, décédé le 7 du même mois, et inhumé, le 9, dans l'église de Bonne-Nouvelle chez les PP. jacobins à Rennes. (5)
C'était d'abord la chapelle tréviale de Saint-Nicolas-du-Tertre. Il y avait ensuite les chapelles frairiennes de Saint-Vincent et de Saint-Jean, aux villages de ces noms du Digouet, dont le titulaire m'est inconnu ; de la Ville-Robert, à vocable inconnu aussi et relevant de la seigneurie dont elle portait le nom.
Ce territoire était partagé entre les cinq frairies de Saint-Nicolas-du-Tertre, de Saint-Jean-des-Bois, de Saint-Vincent, de Digouet, de Faux, et les cinq quartiers d'Outreval, de Gaincru, de Treleux, de Rangera et du Moustoir-Madou
La première de ces frairies embrassait près d'un tiers de la paroisse et certains villages situés à plus d’une heure du bourg. Ses habitants sollicitèrent du recteur en 1576 l’autorisation d’établir des fonts baptismaux dans la chapelle de Saint-Nicolas-du-Tertre, afin, disaient-ils, que leurs enfants ne se mourussent pas sans baptême sur le chemin de l’église paroissiale, comme cela était souvent arrivé.
Avant de donner son adhésion, le recteur eut grand soin de faire ses réserves et de déclarer, le 27 septembre de cette année, que cette concession ne devrait point être considérée comme le signe ou la preuve du démembrement de la paroisse. Sur cet avis favorable, l'évêque Louis de la Hoye nomma, le 30 du même mois, un délégué pour vérifier les allégations des frairiens, et ne tarda point à accorder l'autorisation demandée (6), et ainsi cette grande frairie se trouva érigée en trêve.
Outre le prieuré bénédictin de Notre-Dame-de-Pitié, membre de l'abbaye de Redon et que je dois me contenter de mentionner ici, la paroisse de Ruffiac renfermait quelques autres bénéfices secondaires
Dès le IX siècle, Ruffiac est un territoire marqué par l’influence bretonne, comme en témoignent les nombreux actes du Cartulaire de l’abbaye de Redon. Les moines de Redon, fondateurs de l’abbaye en 832, jouent un rôle central dans l’organisation religieuse et foncière de la région. Ruffiac, alors beaucoup plus étendu, comprend des terres et des villages qui seront plus tard détachés (Saint-Laurent, Tréal, Saint-Nicolas).
XI siècle : Les moines de Redon fondent le prieuré de Notre-Dame-de-Pitié, situé à 1 500 mètres à l’est du bourg de Ruffiac.
Le prieuré est établi grâce à la donation de nombreuses propriétés locales, mentionnées dans le Cartulaire de Redon. Dès le IXᵉ siècle, pas moins de 45 actes concernent des terres de Ruffiac, vendues ou données à l’abbaye de Redon.
Une chapelle, dédiée à Notre-Dame-de-Pitié, est construite pour la célébration des offices, et une maison pour les moines
« Le Cartulaire de Redon mentionne aussi, en Ruffiac, en 830 et 867, le “monastère de Conoch ou de Sainte-Leuférine” dont Sulmin était abbé. C’est probablement le bourg de Tréal, dont sainte Zéphirine était la patronne. »
Droits seigneuriaux : Le prieur exerce la haute, moyenne et basse justice sur les terres dépendant du prieuré.
Dîmes : La dîme est prélevée à la 6 gerbe sur les terres du prieuré, et à la 16 gerbe sur les autres.
Les revenus :proviennent aussi des moulins, des rentes, et des tenues (fermes).
Le fief du Prieuré (autour de la chapelle et du bourg)
Le fief de Saint-Nicolas (200 journaux)
Le fief de la Châtaigneraie (200 journaux)
Le fief du Cleux en Tréal (400 journaux)
Le fief du bourg de Réminiac (170 journaux)
Le fief de Saint-André en Carentoir (120 journaux)
Le fief du Prieur en Sixt (300 journaux)
Diverses tenues à Ruffiac, Augan, etc.
1757 : Le revenu net du prieur est évalué à 1 400 livres, soit l’équivalent de celui du recteur (curé) de la paroisse.
Maison prieurale, pré, moulin : 200 livres
Moulin de Saint-Nicolas-du-Tertre : 170 livres (affermé)
Moulin du prieuré en Sixt : 120 livres (affermé)
Rôle rentier (Ruffiac, Carentoir, Sixt) : 475 livres
Lods et ventes, greffes de la juridiction : 120 livres
Dîme de la frairie du prieuré en Ruffiac : 530 livres (affermée)
Dîme du bourg, de Laudineuc et Chêne-David : 105 livres
Dîme de Saint-Nicolas et de la Châtaigneraie : 270 livres
Dîme de Saint-André en Carentoir : 50 livres (affermée)
Dîme de Quenquis en Monteneuf : 24 livres (affermée)
Dîme du Bigno et tenue Colle en Augan : 148 livres
Tenue du bourg de Réminiac : 88 livres
Dîme du prieuré en Sixt : 161 livres (affermée)
Total : environ 2 432 livres (dont il faut déduire les décimes, les honoraires des messes et les réparations des édifices).
XVI siècle : Le prieuré, d’abord tenu en règle par les moines, est progressivement abandonné par les religieux.
Commende : Au XVI siècle, le prieuré tombe en commende (un prêtre séculier en perçoit les revenus sans résider sur place).
Rachat par Redon : Les moines de Redon finissent par le ressaisir et le conservent jusqu’à la Révolution.
Jean du Fresne, recteur de Plouhinec (1554, 1565)
Auguste de Nel (1565–1569)
Laurent Jagault (1569–1586)
Jean du Fresne, de Bains (1586, contesté)
Fr. Pierre Rivière (1605–1607)
Fr. Antoine Bidé, de Redon (1607–1627)
Fr. Jean Huchet (1627–1635)
Fr. Mathieu Gohier (1635–1637)
D. Bernard Sicault (milieu XVIIᵉ)
D. Charles Fresnel (1670–1694)
D. René Béchereau (1694–1727)
D. Placide Le Gault (1727–1764)
D. Noël Bourdon (1764–1791, dépouillé à la Révolution)
1790–1792 : La Révolution supprime les dîmes et confisque les biens du prieuré.
21 décembre 1791 : Moulin à vent de Saint-Nicolas-du-Tertre vendu à L. Soulaine pour 1 240 livres.
24 avril 1792 : Moulin à vent de Ruffiac adjugé à J. Ethoré pour 1 850 livres.
25 juin 1792 : Maison prieurale et son pourpris vendus à J. Ethoré pour 3 725 livres.
Le moulin de Sixt est également vendu, mais le sort des autres tenues (Laudineuc, la Crossaie, etc.) reste inconnu.
Des actes de fermier du Cy-devant
de Rufiac membre dépendant
de l’abbaye Saint Sauveur de Redon
du directoire du district
de l’arrêter du département du Morbihan
la dissolution de son bail
en date du 18 août 1791.
Art premier ,le sieur Joyaut dépose
de l’acte de fermier ? du sieur JOY ??
Bailleur et François Bougat présent….
Moulin de Saint Nicolas du Tertre en date du ? 1785, au rapport de Seguin notaire de Rufiac.
Art-2-Un double de l’acte de ferme sous ?
du Fouspuy ?de Ruffiac, du moulin de ?
Rufiac et d’un trait de dîmes dépendant
de Ruffiac, dépendant dans la frairie du prieur de ?
Ruffiac, en Ruffiac, ledit acte entre ?
Bailleul et Augustin Collineau…le 7 mai
1788.
Art-3-Un rôle des rentes ci-devant fea ?
dues au prieuré de Rufiac arrêté le ?
Duhayau , trésorier général du prieuré de Rufiac,
le 2 juin 1781.
Art-4-Une grosse du procès-verbal d’app ?
à bornage des quatorze journeaux de terre afféagés ,
par le prieur de Rufiac au sieur Jean Marie
de Re ? le 21 8 bre1761 ,le dit procès-verbal
en date du 20-7bre 1770-Signé Saulnier
Art-5-Un double de l’acte de ferme sous
signature privées de deux traits de dixième
Du dit prieuré
A l’autre St Nicol ?
En date du 12 mai 1786
Joyau, Bailleul à René Ricaud
Art-6-finalement en
Signatures privées concernant
Dépendant du prieuré de Rufiac
St André, le dit acte
en date du 31 avril1788
Le sieur Joyaux, bailleur à Pierre Caillet
Joyau observe ?...les Messieurs
Du district de Ploërmel qu’il ?...
…..autre acte concernant la ferme du Prieuré.
Rufiac,… ?des fermes de dîmes
Entre lui et divers particuliers
Qui n’ont point
encore payé le…. ?leurs fermes dans les années
1789 et 1790 ,qu’il, en cas de besoin pour de faire
Et que le district n’a nul intérêt de les faire
Démettre puisqu’elles sont sans objet , des dîmes supprimées
Par les décrets de l’assemblée nationale.
Il observe en second lieu que les cy devant- papiers
Du Prieuré de Ruffiac refusant de leur payer les rentes
Féodales de 1788,1789 et 1790 , et que pour les mettre en
état de faire le recrutement à son profit il
serait nécessaire que le district de Ploërmel lui fasse
délivrer des collationnement des titres du ci-devant sieur
de Ruffiac qui doivent être en ses possessions
toutes ces pièces sus référés sont signées en marge
par ledit Sieur Joyaux soussigné
Chapelle primitive : elle est reconstruite en 1932
Architecture : Porte en arc brisé en façade.
Chambre des cloches insérée dans le mur du pignon.
Œuvre majeure : Abrite une Pietà en bois polychrome
Rôle central : Le prieuré de Notre-Dame-de-Pitié a été un acteur majeur de la vie religieuse, économique et juridique de Ruffiac pendant près de dix siècles.
Patrimoine actuel : La chapelle reconstruite en 1932 et les archives conservées à Nantes témoignent de cette histoire riche.
Fin tragique : Comme tant d’autres, le prieuré disparaît avec la Révolution, ses biens dispersés, mais son souvenir reste ancré dans l’histoire locale.
Notes de bas pages
Placitum inde levavit /) (Ibid. nᵒ 139, p. 106). Cette expression, souvent répétée dans les chartes de Redon, donnerait à croire que la partie sollicitant l'action judiciaire convoquait elle-même l'audience. Mais quand l'audience se tenait devant le Machtiern, il fallait bien le consentement préalable de celui-ci et même son intervention pour constituer le tribunal.
« Fuit placitum magnum ante ecclesiam Bainensem coram Fuicrico abbate… presentibusque presbyteris ejusdem eeclesioe, hoec sunt nomina Haicobrant presbyter, Castat presbyter larnhatoui presbyter, Romic presbyter (ibid. nᵒ 271, p. 220).
Ibid. p. 220. À Rufiac, on trouve un diacre Winmonoc ou Junmonoc, c'est le même (p. 115, 119, 200), et plusieurs clercs : Loicsbritou, Catwallon, Freoc, Eusorchit (p. 36, 50, 52, 53, 106). etc., _
Voir Carlu. de Redon, p. 104, 111. Pour Molac, la charte nᵒ 251 de ce cartulaire donne la série hiérarchique des diverses autorités qui s'exerçaient sur ce plou, depuis l'empereur jusqu’au portier de l’église : « Regnante Lothario imperatore, Nominoe, dux, totius Britanniae, Larnhitia, Epetic presbytero°, Dignum ostiarius (p. 203). L'évêque manque, parce que le siège à Vannes était vacant.
M. Rosenzweig, dans son inventaire sommaire des archives communales du Morbihan, IV, p. 206.
Archives départementales de l’Ille-et-Vilaine