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la Cour de bouleau a pleucadeuc

-Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon
-Clerc -Machtiern - Minihi - Plou -Ran -Treb -Treve - Villa - Paroisse - Fabrique - Cour de Justice - Frairie

Le Machtiern  Jarnhitin

- La Cour du Bouleau

LiSBEDU et LISVEDU sont des toponymes du haut Moyen Âge liés à Pleucadeuc, dans le Morbihan (Bretagne), désignant une résidence ou une villa aristocratique de l'époque carolingienne. Ces noms, apparaissant dans des chartes antérieures à 821 sous la forme Lisbedu, puis Lisvedu (821-826) et Lisbebu (839), se traduisent par « la cour du bouleau », soulignant ainsi les liens linguistiques avec la toponymie bretonne où « lis » évoque un enclos ou une cour et « bedu » signifie bouleau.

- Contexte historique

Le site, probablement situé à Pleucadeuc servait de domaine noble à des personnages comme Jarnhitin, au sein des structures de pouvoir comtal bretonnes sous les premiers empereurs carolingiens (800-814). Des chartes le décrivent comme une enceinte fortifiée avec des douves, des éboulis et un puits, s'étendant sur plusieurs hectares et reliée à des propriétés comme le village de Bodieu.

- Évolution toponymique

Pleucadeuc dérive de Plebs Cadoc ou Ploé Catoc, et a évolué parallèlement à Lisbedu pour refléter les changements linguistiques armoricains, passant des influences latines aux influences bretonnes dans la toponymie ecclésiastique et seigneuriale. Les bouleaux revêtaient une importance culturelle, comme en témoignent les toponymes régionaux qui mettent l'accent sur les caractéristiques naturelles.

- Origines : L'émergence d'une aristocratie bretonne

Jarnhitin n'est pas un simple propriétaire terrien ; il porte le titre de Machtiern (du breton maer « chef » et tiern « seigneur »). Cette fonction est unique à la Bretagne du Haut Moyen Âge.

Le Rôle du Machtiern : Il s'agit d'un chef de paroisse héréditaire, garant de la justice, collecteur d'impôts et intermédiaire entre la population locale et le pouvoir central (celui des rois de Bretagne comme Nominoë ou Erispoë).

L'ancrage à Pleucadeuc : Jarnhitin apparaît dans les textes comme le détenteur de l'autorité sur le territoire de Pleucadeuc, où il exerce son pouvoir judiciaire sur la "lis" (la cour ou le siège du pouvoir)

- Jarnhitin à LiSBEDU et LISVEDU

Les termes LiSBEDU et LISVEDU font référence aux centres de pouvoir ou "cours" (Lis en vieux breton) associés à des structures territoriales spécifiques. Le Siège du Pouvoir ( Lis)

L'histoire de Jarnhitin est indissociable de la gestion de ces domaines.

• LiSBEDU : Probablement une forme archaïque liée à une juridiction spécifique de Pleucadeuc. C’est là que Jarnhitin présidait les plaids (assemblées de justice).

• Développement territorial : Sous son autorité, ces lieux ne sont pas seulement des fermes, mais des centres administratifs où l'on scelle des transactions de terres, souvent au profit de l'Abbaye de Redon.

- La transmission du pouvoir et des territoires

À la mort de Jarnhitan, ses fils héritent de ses vastes possessions et de ses prérogatives seigneuriales.

Les sources mentionnent notamment :

Le Machtiern de Carentoir : Il reprend le contrôle de la paroisse de Carentoir, l’une des plus importantes du domaine familial. Ce fils aîné semble avoir joué un rôle central dans la continuité de l’autorité paternelle, en maintenant l’influence de la famille sur cette région stratégique.

Gurvili : Il réside au manoir de Lisnovid, Ce manoir, bien que moins documenté, atteste de la dispersion géographique des héritiers et de leur capacité à administrer plusieurs territoires simultanément.

Portitoë : Il partage l’autorité sur Carentoir avec son frère, mais exerce aussi une influence sur les paroisses de Molac, Ruffiac et Pleucadeuc. Cette répartition des responsabilités montre une gestion collective du patrimoine familial, typique des dynasties aristocratiques de l’époque. Cette organisation permet aux descendants de Jarnhitan de conserver une emprise sur un vaste territoire, malgré les pressions extérieures.

- L’adaptation face aux invasions normandes

Au IXe siècle, la Bretagne est confrontée aux raids normands, qui déstabilisent le pouvoir local. Les chroniques rapportent qu’en 905, sous le règne d’Alain le Grand, « les comtes, les vicomtes et machtierns, terrifiés par les Normands, se dispersent à travers la France ». Cette dispersion touche probablement les héritiers de Jarnhitan, contraints de s’adapter ou de fuir temporairement.

Cependant, leur ancrage local et leur réseau de paroisses leur permettent de résister et de maintenir une certaine continuité. Certains descendants pourraient avoir participé à la défense des territoires, en collaboration avec les comtes de Vannes ou les ducs de Bretagne, ou encore en soutenant la fondation d’abbayes (comme Redon), qui servent de refuges spirituels et économiques.

- L’évolution du titre de Machtiern et la fin d’une époque

À partir du milieu du IXe siècle, le terme « Machtiern » disparaît progressivement des archives, remplacé par d’autres titres seigneuriaux (comme « vicomte » ou « seigneur »). Cette évolution reflète une transformation de la structure politique bretonne, marquée par l’affirmation du pouvoir ducal et la centralisation progressive de l’autorité.

Les descendants de Jarnhitan, bien que moins visibles sous le titre de Machtiern, continuent probablement à jouer un rôle dans l’aristocratie locale, en s’intégrant aux nouvelles institutions. Leur héritage foncier et leur réseau de paroisses leur permettent de conserver une influence, même si leur statut évolue.

- L'influence du Cartulaire de Redon

L'événement historique majeur pour Jarnhitin est sa participation à de nombreuses donations et arbitrages.

1. Le Conflit et la Médiation : Jarnhitin intervient souvent comme témoin ou juge dans des litiges fonciers. Son nom revient régulièrement à côté de celui de Nominoë, montrant qu'il faisait partie de l'élite gravitant autour du "Père de la Patrie" bretonne.

2. L'Affirmation du Pouvoir Judiciaire : En 848, des documents attestent de sa présence lors de jugements à Pleucadeuc, prouvant que le système du machtiernat était alors à son apogée

3. . Événements et Influences Majeures

4. Le récit de Jarnhitin est ponctué par des actes juridiques qui sont de véritables "photographies" de la société bretonne du IXe siècle :

5. Le Plaid de Pleucadeuc (v. 848)

6. C'est l'événement le plus documenté. Jarnhitin y apparaît entouré de ses vassi (vassaux) et de témoins. Il y tranche des disputes de limites de propriétés, prouvant que LiSBEDU était le cœur judiciaire du Vannetais oriental.

7. L'Alliance avec Nominoë

8. Jarnhitin fut l'un des soutiens de Nominoë lors de l'unification de la Bretagne. Son influence à Pleucadeuc a permis de stabiliser la frontière intérieure du Vannetais pendant que le "duc" luttait contre Charles le Chauve.

- Les Lieux de Mémoire à Pleucadeuc

1. L'Église Saint-Pierre : Bien que reconstruite, elle occupe l'emplacement de l'ancien centre cultuel où Jarnhitin signait certains actes en présence des prêtres et des moines de Redon.

2. Le Calvaire et les stèles : On trouve parfois dans le Vannetais des stèles gauloises christianisées au Haut Moyen Âge. Elles servaient de points de repère pour les "Plaids" (assemblées de justice) que présidait le machtiern. La Claie (rivière) : Cette rivière qui borde la commune était la frontière naturelle et la ressource vitale du domaine de LISVEDU. Jarnhitin contrôlait probablement les droits de pêche et les passages sur cette voie d'eau

- La "Signum" : La Croix de Pouvoir

Dans le Cartulaire de Redon, la mention de Jarnhitin se termine presque toujours par une formule rituelle :

"Signum Iarnhitin mactiern qui hanc donationem fieri rogavit"

(Marque de Jarnhitin, machtiern, qui a demandé que cette donation soit faite

Le Geste : Jarnhitin ne signait pas son nom lettre par lettre. Il traçait, ou touchait de la plume, une croix autographe.

La Valeur Juridique : Ce simple tracé donnait force de loi au parchemin. Pour les habitants de LiSBEDU, cette croix représentait la garantie que le machtiern engageait son honneur et son épée pour protéger la transaction.

- Le Rapport à l'Écrit :

Un Chef entre deux mondes Jarnhitin incarne une transition culturelle fascinante :

• La Tradition Orale : En tant que chef breton, sa parole donnée devant le peuple à Pleucadeuc suffisait traditionnellement.

• La Modernité Administrative : En acceptant que ses actes soient consignés par écrit à LISVEDU, il entrait dans la "bureaucratie carolingienne". Il comprenait que pour que son influence survive, elle devait être fixée sur la peau de mouton (le vélin)

 

 

 

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