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la fabrique paroissale

Explications sur certains mots du Cartulaire de Redon

Clerc -Machtiern - Minihi - Plou -Ran -Treb -Treve - Villa Paroisse - Frairie -

Photo du patrimoine Breton -

Origine de la fabrique paroissiale

Origine médiévale et concile de Trente (1545-1563) : La fabrique d’église désignait initialement une assemblée de clercs, à laquelle furent ajoutés des laïcs après le concile de Trente. Leur mission était d’administrer les biens de la communauté paroissiale.

Sous l’Ancien Régime : La fabrique existait dans toutes les paroisses du royaume. Elle était dirigée par un conseil élu par les paroissiens, composé de marguilliers ou fabriciens

Revenus : Les ressources provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers, fermages, legs, mais aussi de la location des bancs dans l’église

À La Gacilly : La paroisse fut officiellement créée en 1745 par ordonnance épiscopale de l’évêque de Vannes, Charles-Jean de Bertin

La fabrique paroissiale s’est donc mise en place dans ce contexte, pour gérer les biens et l’entretien de la nouvelle paroisse.

Organisation de la fabrique paroissiale

Conseil de fabrique : Organe central, composé de clercs et de laïcs. Les marguilliers étaient élus par l’assemblée des paroissiens.

Rôle du curé/recteur : Il siégeait au conseil mais n’avait pas la mainmise totale ; la gestion était partagée avec les laïcs.

Fonctions principales :

Administration des fonds et revenus paroissiaux.

Entretien des édifices religieux (église Saint-Nicolas, chapelles, calvaires).

Gestion du mobilier liturgique (ornements, argenterie, luminaires).

Cadre juridique : Jusqu’à la loi de séparation des Églises et de l’État (1905), les fabriques étaient des établissements publics paroissiaux. Après 1905, elles furent supprimées en France, remplacées par des associations cultuelles .

Cas particulier de l’église Saint-Nicolas de La Gacilly

Construction : L’église actuelle date du milieu du XIXe siècle (1845), construite par l’architecte CHARIER

Antécédents : Elle succède à une chapelle du XIVe siècle, agrandie au XVIIe siècle

Rôle de la fabrique : Elle a assuré le financement et l’entretien de ces édifices successifs, en lien avec la communauté locale.

Chronologie de la fabrique paroissiale de La Gacilly

Avant la paroisse (XIVe – XVIIe siècle)

XIVe siècle : Existence d’une chapelle castrale au château de La Gacilly.

1626–1631 : Agrandissements successifs (chapelles nord et sud) financés par des notables locaux (Mme de Talhouët).

Organisation religieuse : La chapelle est érigée en église tréviale (dépendante d’une paroisse voisine). La gestion matérielle est encore limitée, mais les prémices d’une fabrique apparaissent avec les dons et quêtes.

Création de la paroisse (XVIIIe siècle)

1745 : La Gacilly devient paroisse autonome par ordonnance de l’évêque de Vannes.

Mise en place de la fabrique paroissiale : Institution officielle chargée de gérer les biens et revenus de la nouvelle paroisse.

Composition : Conseil de marguilliers (fabriciens) élus par les paroissiens, sous la présidence du recteur.

Ressources : Quêtes, offrandes, legs, fermages, location des bancs.

Ancien Régime et Révolution

XVIIIe siècle : La fabrique administre les biens paroissiaux, finance les ornements et l’entretien de l’église.

1790–1795 : Suppression temporaire des fabriques par la Révolution, confiscation des biens d’Église.

Concordat (1801) : Rétablissement des fabriques paroissiales comme établissements publics paroissiaux.

XIXe siècle : Reconstruction de l’église

1845 : Construction de l’église actuelle Saint Nicolas par l’architecte CHARIER.

Rôle de la fabrique : Collecte de fonds, gestion des travaux, entretien du mobilier liturgique.

Organisation : Conseil de fabrique reconnu par l’État, avec procès verbaux et comptes rendus annuels

XXe siècle : Suppression

1905 : Loi de séparation des Églises et de l’État. Les fabriques paroissiales sont supprimées.

Remplacement : Associations cultuelles (dans les paroisses qui en créent) ou gestion communale des édifices

À La Gacilly : L’église Saint Nicolas devient propriété de la commune, comme indiqué dans les archives.

Organisation de la fabrique paroissiale

Organisation de la fabrique

Fonctionnement concret

Réunions : Le conseil de fabrique se réunissait régulièrement pour établir les budgets et comptes.

Finances : Les marguilliers tenaient les registres, présentaient les comptes annuels, validés par le curé et parfois par l’évêque ou le préfet.

Travaux : Décision et financement des réparations, agrandissements, construction (ex. église Saint Nicolas en 1845).

Liturgie : Achat et entretien

Organigramme simplifié de la fabrique paroissiale

Organigramme simplifié -

Frise chronologique de la fabrique paroissiale

Frise chronologique

La Gacilly, trève de Carentoir

La Gacilly, étant une trève de Carentoir, ne devait pas, normalement avoir de fabrique. Ce fut le cas jusqu’en 1573. Cette année-là, une réorganisation religieuse dut intervenir et la trève de La Gacilly, en plus des frairies de la ville, de la Bouère et de Saint-Jugon récupéra une partie de la frairie de Saint-Jacques sur Carentoir et eut alors la permission de remplir des registres de catholicité, c’est à dire des registres paroissiaux. D’ailleurs, à partir de cette date, certains prêtres n’hésitèrent pas à porter la mention « dans l’église paroissiale de La Gacilly ».

Pendant ces années, l’église de La Gacilly semble jouir d’une certaine indépendance ; le doyen, par exemple, n’y paraît que pour les enterrements de prêtres ou lorsque, par commission de l’évêque, il vient bénir une chapelle ou une cloche, le procès-verbal dit de La Gacilly : « trève dépendant de notre doyenné et non de notre paroisse. » Il est certain qu’en 1658 l’église de La Gacilly a une fabrique indépendante de celle de Carentoir ; un acte de décès le prouve : « Vincent Goupil de la Ville aux Esnés décéda le 8 janvier d’une grave et courte maladie.

Il tomba malade le soir du premier jour de l’an 1658 et fut enterré le huitième jour du dit mois et an. Il était fabrique de l’église. » De même, « Jacques Hervé, sacriste de l’église de La Gacilly, fut enterré dans la chapelle Saint-Nicolas du côté de l’épître, sous le confessionnaire de messire Danard. » Il faut savoir que le sacriste était normalement réservé à l’église paroissiale.

Lorsqu’il s’agit de réparations ou d’agrandissements à faire à l’église, d’achat de cloches ou autres, les Gaciliens ne demandent point l’autorisation du doyen, ne recourent point au général de Carentoir comme font les habitants des autres trèves, mais ils font leurs affaires eux-mêmes sous le bon plaisir, permission et applaudissements de leur seigneur comme en 1626, 1628 et 1642.

L’évêque de Vannes, dans ses tournées pastorales visite La Gacilly comme une paroisse ; monseigneur d’Argouges signe le registre en 1656. Monseigneur de Kerlivio, vicaire général, visitait toutes les paroisses du diocèse, il vint à La Gacilly comme le prouve le registre des baptêmes à la date du 3 juillet 1681 : « François de Trohilen, ainsi nommé pour ne connaître ni son païs, ni son père, ni sa mère, mendiant sa vie, habitué en cette ville depuis cinq ans, a été baptisé dans cette église par le commandement de monseigneur de Kerlivio, grand vicaire de monseigneur de Vannes, le baptême fait sous condition par le soussigné. Parrain : Me François Domon ; marraine : Renée Riaud, F. Labouro, prêtre. » Trohilen est un mot breton qui veut dire « tour, circonférence », on peut donc traduire Jean Trohilen par Jean des Environs, ce fut probablement monseigneur de Kerlivio qui lui donna ce nom en même temps que l’ordre de le baptiser car F. Labouro, curé de La Gacilly, ne connaissait sans doute pas le breton puisque sa famille vivait depuis au moins un siècle à Carentoir.

Général de Fabrique -

Rôle et Fonction du Général de Fabrique

Le terme de "Général" désignait les membres du Conseil de Fabrique ou Corps de Fabrique, qui était l'organe de gestion des biens temporels de la paroisse (l'église, les chapelles, les revenus, etc.).

Description détaillé -

Le Conseil de Fabrique

Le Général n'était jamais seul. Il faisait partie d'un Conseil de Fabrique, généralement composé de :

1. Le Recteur (ou Curé) : Le président de droit, responsable du spirituel.

2. Les Marguilliers (ou "Procureurs") : Ceux qui tenaient effectivement les comptes et effectuaient les transactions sous le contrôle du Conseil.

3. Les Généraux (ou "Trésoriers") : L'ensemble des membres influents de la paroisse qui formaient le corps délibérant.

En Bretagne, le nom de "Général" était particulièrement courant, surtout en Basse-Bretagne (où l'on parlait aussi du corff ou corps). Dans d'autres régions, on parlait plus souvent de "Marguilliers".

Le Général dans la Société Bretonne

Ce rôle était un marqueur social très fort :

Sélection : Les Généraux étaient souvent choisis parmi les notables, les hommes aisés et respectés de la paroisse (souvent des paysans propriétaires, des artisans ou des bourgeois).

Influence : Être Général conférait un grand prestige et un pouvoir d'influence non négligeable sur les affaires locales. C'était un devoir et un honneur.

Les Enclos Paroissiaux : C'est notamment l'argent géré par ces Fabriques et Généraux qui a permis l'érection des magnifiques Enclos Paroissiaux bretons (avec leurs ossuaires, calvaires monumentaux, et portes triomphales)

Le Gouvernement Intérieur de la Paroisse Gacilienne

Le Général avait à s’occuper des gouvernements intérieurs et extérieurs du temporel de la paroisse. Le premier regardait l’administration des biens qui appartenaient à la fabrique, l’acquit des charges qui la concernaient, la nomination et la surveillance des officiers ou serviteurs de l’église. Les biens de la Fabrique comprenaient, outre les immeubles, des droits, des fondations, des confréries, les bancs, les chapelles, les tombes, les deniers de l’église.

Au sujet des confréries, l’une d’entre elles, baptisée « Confrérie de Saint Jean-Baptiste », fut fondée le 27 décembre 1612 à la paroisse de Carentoir. Le curé de La Gacilly, Julien Huet, et les messires Vincent Rollais de la Bouère et Pierre Réminiac de la Basse Provostais y prirent part ainsi que Vincent de la Noë de Bonnais et Mathurin Herselin du bourg de Carentoir qui firent sommation le 5 octobre 1770 au sieur Le Beau du Tuet, receveur des devoirs à La Gacilly de leur délivrer à chacun une bouteille d’eau de vie à raison de 20 sols la bouteille ainsi qu’ils étaient en droit de l’exiger suivant la lettre écrite par les fermiers généraux à messeigneurs de la Commission de cette province.

Les charges comportaient les réparations de l’église, du cimetière, les ornements, les livres, les vases sacrés, le luminaire, les honoraires des prédicateurs et les gages des employés. Les cimetières étaient compris dans les propriétés immobilières de la fabrique qui était chargée de leur entretien ; cependant, quand elle était incapable d’en faire les frais, cette obligation incombait au Général. Souvent, au pied de la croix des cimetières qui, alors, entouraient les églises, se faisaient les bannies et les publications. C’est là également qu’à la principale passée du cimetière se traitaient les affaires importantes ; la discipline ecclésiastique s’opposait à l’aménagement de plusieurs cimetières pour une seule paroisse sauf pour les lépreux avec les maladreries.

b- Le Gouvernement Extérieur.

Le gouvernement extérieur du Général concernait les levées des fouages et des deniers, la collecte du vingtième et de la capitation, la réédification de l’église, les réparations du presbytère, celles des ponts, des chaussées, des chemins, le soulagement des pauvres de la paroisse, l’entretien des écoles par la suite. Les droits de ce gouvernement étaient ceux qu’avaient les habitants sur les communs et les bois.

 

La Loi de Séparation de 1905 et les Associations Diocésaines

Le rôle de la Fabrique s'est achevé avec la loi de Séparation des Églises et de l'État de 1905 :

• Suppression des Fabriques : La loi de 1905 met fin aux Fabriques paroissiales comme institutions publiques. Les biens sont dévolus à de nouvelles structures pour gérer le culte

. • Les Associations Cultuelles (AC) : La loi prévoyait la création d'Associations Cultuelles (AC) gérées par des laïcs. Cependant, l'Église catholique a refusé ce modèle au départ.

• Les Associations Diocésaines (AD) : Finalement, l'Église a accepté le principe des Associations Diocésaines (créées après 1924, souvent sous le régime de la loi de 1901), gérées par l'évêque. Celles-ci ont repris la charge des biens immobiliers et de l'organisation du culte.

• Aujourd'hui : Les tâches précédemment assurées par les Généraux sont aujourd'hui gérées par les Conseils Économiques Paroissiaux (CEP), souvent dirigés par un laïc trésorier, mais sous l'autorité canonique du curé et de l'Évêque, et régis par le droit canonique et les statuts des Associations Diocésaines.

En résumé, les Généraux sont passés d'administrateurs laïcs élus par la communauté et gérant les biens de l'église sous l'Ancien Régime, à des membres d'un Conseil de Fabrique encadré par l'État; avant que leur fonction ne soit reprise par les structures actuelles des Conseils Économiques Paroissiaux.

La fabrique paroissiale comme reflet de la communauté

Participation des habitants

Les paroissiens n’étaient pas seulement fidèles à la messe : ils étaient acteurs de la vie religieuse.

En élisant les marguilliers, ils participaient directement à la gestion des biens communs.

Les dons, quêtes et fermages représentaient une forme de solidarité villageoise : chacun contribuait selon ses moyens.

Dimension sociale et civique

La fabrique était l’un des rares lieux où les habitants pouvaient exercer une responsabilité collective.

Elle renforçait le sentiment d’appartenance à la paroisse, qui était aussi une unité sociale et administrative.

Les décisions (travaux, achats, réparations) étaient discutées en assemblée, ce qui donnait aux paroissiens une voix dans la vie publique.

Impact sur le quotidien

L’entretien de l’église Saint Nicolas, des chapelles et du mobilier liturgique assurait la qualité des cérémonies (mariages, baptêmes, funérailles).

Les marguilliers géraient aussi des aspects pratiques : bancs loués, éclairage, chauffage, cloches.

La fabrique était donc au cœur de la vie quotidienne, bien au delà du seul culte.

Un pont entre religieux et civil

La fabrique liait le clergé (recteur, évêque) et les autorités civiles (préfet, commune).

Elle incarnait une forme d’autogestion locale, où la communauté gérait ses biens sous le regard de l’Église et de l’État.

Après 1905, la suppression des fabriques a transféré ce rôle à la commune, mais l’esprit communautaire est resté.

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